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Soins à l'étranger : ce que paie l'assurance de base, et ce qui reste à couvrir

Votre assurance de base vous suit en voyage, mais seulement pour les urgences, et avec un plafond hors d'Europe. Le sauvetage, le rapatriement et l'annulation relèvent d'autres contrats.

Publié le 11.09.2026

L'assurance de base ne s'arrête pas à la frontière. Mais elle change de nature dès que vous la franchissez : en Suisse, elle rembourse les soins que vous choisissez ; à l'étranger, elle ne couvre en principe que ceux que vous n'avez pas choisis.

Une urgence, pas un traitement que l'on part chercher

L'ordonnance sur l'assurance-maladie pose la règle en une phrase : l'assurance obligatoire des soins prend en charge les traitements effectués en cas d'urgence à l'étranger. Elle définit aussi l'urgence. Il y a urgence lorsque l'assuré, qui séjourne temporairement à l'étranger, a besoin d'un traitement médical et qu'un retour en Suisse n'est pas approprié. Il n'y a pas d'urgence lorsqu'il se rend à l'étranger dans le but de suivre ce traitement.

La nuance compte. Une appendicite pendant des vacances est une urgence. Une opération planifiée dans une clinique étrangère parce qu'elle y est moins chère ou plus rapide n'en est pas une, même si elle est médicalement justifiée.

Les soins programmés à l'étranger restent possibles, mais à titre exceptionnel. Selon l'Office fédéral de la santé publique, lorsqu'un traitement n'est pas disponible en Suisse ou que les délais d'attente sont trop longs, le médecin traitant doit adresser une demande motivée au médecin-conseil de l'assureur, qui décide avant le départ.

Dans l'Union européenne : la carte au dos de votre carte

En Europe, le mécanisme est différent. La carte européenne d'assurance maladie figure au dos de la carte d'assuré suisse, et c'est elle qu'il faut présenter. Vous recevez alors les prestations médicalement nécessaires selon les règles du pays où vous êtes soigné : c'est son catalogue de prestations qui s'applique, et la participation aux coûts se règle sur place, selon ses propres modalités.

Hors d'Europe : le plafond du double

Ailleurs dans le monde, l'ordonnance fixe une limite chiffrée : les traitements d'urgence sont pris en charge jusqu'à concurrence du double du montant qui aurait été payé si le traitement avait eu lieu en Suisse. Au-delà, la différence reste à votre charge.

Le double paraît généreux. Il ne l'est que dans les pays où les soins coûtent moins de deux fois leur prix suisse. Là où une hospitalisation coûte bien davantage, le plafond peut être atteint en quelques jours, et c'est précisément la situation où la facture est la plus lourde. L'OFSP recommande d'ailleurs de souscrire une assurance voyage ou une assurance complémentaire pour les séjours hors de l'Union européenne, de l'AELE et du Royaume-Uni, en particulier vers les destinations où les soins sont chers.

Sauvetage, transport, rapatriement

C'est ici que l'assurance de base est la plus restrictive. L'ordonnance sur les prestations limite fortement ce que l'assurance de base rembourse pour les déplacements. Pour un transport médicalement indiqué vers un fournisseur de soins, elle prend en charge 50 % des frais, jusqu'à 500 francs par année civile. Pour un sauvetage, elle prend en charge 50 % des frais de sauvetage en Suisse, jusqu'à 5'000 francs par année civile.

Les deux mots importants de cette seconde règle sont « en Suisse ». Un sauvetage en montagne à l'étranger, une évacuation ou un rapatriement vers la Suisse ne relèvent pas de cette contribution. Le Département fédéral des affaires étrangères conseille de vérifier, avant de partir, que vous êtes assuré pour les frais médicaux, le rapatriement, le sauvetage et la protection juridique.

Il rappelle aussi un principe qui surprend souvent : toute personne qui se rend à l'étranger est en principe responsable de la préparation et du déroulement de son voyage. L'aide consulaire intervient à titre subsidiaire, lorsque la personne ne peut pas s'en sortir par ses propres moyens ; ce n'est pas une assurance.

L'annulation n'a rien à voir avec l'assurance maladie

Si vous tombez malade avant le départ et devez annuler, l'assurance de base ne rembourse pas le voyage perdu. Le DFAE le dit sans détour : toute demande ayant trait à une annulation de voyage doit être adressée à l'agence de voyage ou à la compagnie d'assurance voyage. C'est un contrat distinct, à souscrire à part, et ce sont ses propres conditions qui disent quels motifs d'annulation il couvre.

Avant de partir, ce qu'il faut vérifier

  • Que la carte européenne d'assurance maladie figure bien au dos de votre carte d'assuré, si vous voyagez en Europe.
  • Si votre assurance complémentaire couvre les soins à l'étranger au-delà du plafond de la LAMal, et jusqu'à quel montant.
  • Si le sauvetage, l'évacuation et le rapatriement sont couverts, par votre complémentaire, une assurance voyage ou une carte de crédit, et à quelles conditions.
  • Si l'annulation est couverte, et pour quels motifs, maladie d'un proche comprise ou non.
  • Le numéro d'assistance à appeler depuis l'étranger, que votre contrat peut exiger d'appeler avant d'engager des frais importants.

Ces couvertures se chevauchent souvent : une même personne peut être assurée deux fois pour le rapatriement et pas du tout pour l'annulation. Lire les conditions de chaque contrat avant de souscrire le suivant évite de payer en double.

Sources et références

Ces informations sont générales et à but pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil juridique, ni un conseil en assurance individuel. Les prestations réelles dépendent de votre contrat, de votre situation personnelle et des conditions en vigueur : vérifiez vos conditions contractuelles, ou adressez-vous à l'organisme compétent ou à un conseiller. Comment nous rédigeons nos contenus

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