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Frontalier résidant en Italie : LAMal ou SSN, que choisir ?

Résider en Italie et travailler en Suisse, c'est choisir, une fois pour toute la durée de l'emploi, entre l'assurance maladie suisse et le service sanitaire national italien. Ce choix engage aussi la famille.

Publié le 19.09.2026

Si vous vivez en Italie et commencez à travailler au Tessin, aux Grisons ou en Valais, la question de votre assurance maladie se règle dans les trois premiers mois, et presque toujours pour toute la durée de votre emploi en Suisse.

La Suisse a conclu avec ses voisins, l'Italie comprise, des accords qui permettent aux citoyens de l'Union européenne domiciliés dans ces pays de rester assurés dans leur pays de domicile. C'est le droit d'option : vous pouvez vous affilier à l'assurance obligatoire des soins suisse, la LAMal, ou rester au service sanitaire national italien, le SSN.

Trois mois, et une demande en bonne et due forme

L'Office fédéral de la santé publique est précis sur le délai : la demande d'exemption de l'obligation de s'assurer en Suisse se dépose dans les trois mois qui suivent le début du contrat de travail. Il rappelle aussi qu'en mars 2015, le Tribunal fédéral a jugé qu'un droit d'option exercé tacitement n'est pas valable. Se contenter de rester inscrit à l'ASL ne suffit donc pas.

Au Tessin, l'autorité compétente est l'Istituto delle assicurazioni sociali (IAS), à Bellinzone. Le formulaire officiel sur la couverture des soins est intégré à la demande de permis de frontalier G. Selon l'IAS, sans option exercée dans le délai, le frontalier est automatiquement soumis à l'obligation de s'assurer en Suisse.

Un choix qui dure autant que l'emploi

L'IAS indique que le choix fait par le droit d'option reste en vigueur pendant toute la période d'occupation en Suisse. L'institution commune LAMal le dit de façon plus directe : le choix est irrévocable et vaut pour toute la durée de l'activité frontalière ininterrompue. Changer d'employeur ou de canton, voir les primes augmenter ou gagner davantage ne rouvrent pas l'option. Une interruption de l'activité, par exemple une période de chômage dans le pays de résidence attestée par écrit, peut la rouvrir.

La naissance d'un enfant est l'autre exception, et elle comporte un piège. Un frontalier affilié à la LAMal peut alors choisir l'Italie dans les trois mois suivant la naissance. Mais ce nouveau choix prend effet le jour de la naissance, et l'assureur suisse met fin au contrat la veille : l'IAS avertit que les éventuels frais de l'accouchement ne seront pas pris en charge par l'assureur maladie suisse, et conseille d'en parler d'abord avec l'ASL.

Où se faire soigner

Selon l'OFSP, les personnes assurées en Suisse et domiciliées à l'étranger peuvent se faire soigner en Suisse et dans leur pays de domicile. Un frontalier affilié à la LAMal peut donc consulter près de son travail comme près de chez lui.

Pour obtenir l'exemption, un frontalier qui reste au SSN doit en revanche prouver qu'il est couvert à la fois dans son pays de résidence et lors d'un séjour en Suisse. Pour des soins prévus à l'avance en Suisse, les règles sont celles du système italien ; mieux vaut les vérifier auprès de votre ASL avant de choisir, surtout si vous êtes déjà suivi par un médecin en Suisse.

Ce que coûte chaque système

La LAMal se paie par personne. Pour les frontaliers, l'OFSP précise que ce sont les primes applicables à leur pays de domicile qui s'appliquent, non celles du canton de travail ; chaque assureur calcule une prime propre à chaque État. Le salaire n'entre pas dans le calcul. Pour les assurés LAMal qui vivent dans l'Union européenne avec des revenus modestes, une réduction de primes est prévue, et c'est le canton de travail qui est compétent : les conditions sont les siennes.

Côté italien, la loi de budget 2024 a prévu une contribution des frontaliers au service sanitaire national. Le décret d'application, publié au Journal officiel italien le 18 décembre 2025, laisse aux régions le soin de la fixer chaque année entre 3 et 6 % du salaire net perçu en Suisse, avec un minimum de 30 et un maximum de 200 euros par mois travaillé. Il vise les résidents qui travaillent en Suisse et utilisent le SSN, les « anciens frontaliers » au sens de l'accord fiscal de 2020, et les membres de leur famille à charge.

Quand la famille entre dans le calcul

Pour les membres de la famille à charge qui vivent en Italie, l'IAS distingue trois cas.

  • Un seul parent travaille, en Suisse : toute la famille suit son choix. S'il reste en Italie, tout le monde reste au SSN ; s'il choisit la LAMal, toute la famille doit s'assurer en Suisse, auprès du même assureur.
  • L'autre parent travaille ou touche une rente en Italie : les enfants restent assurés en Italie. Si le frontalier choisit la LAMal, il est le seul assuré en Suisse.
  • Les deux parents travaillent en Suisse : chacun exerce son option. S'ils choisissent différemment, tous les enfants suivent le même système, et ce choix pour les enfants ne peut plus être modifié.

En Suisse, chaque personne assurée paie sa propre prime. Une famille entière à la LAMal ne fait donc pas le même calcul qu'une personne seule.

Ce qui ne dépend pas de votre choix

Le droit d'option ne concerne que l'assurance maladie. Selon le Département fédéral des affaires étrangères, les frontaliers sont en règle générale assurés dans le pays où ils travaillent. Vous cotisez donc à l'AVS comme tout salarié en Suisse, au deuxième pilier dès que votre salaire annuel dépasse le seuil d'entrée, fixé à 22'680 francs depuis 2025, et vous êtes assuré contre les accidents par votre employeur. La couverture des accidents non professionnels suppose au moins huit heures de travail par semaine chez le même employeur.

En cas de chômage complet, l'Office fédéral des assurances sociales indique que les frontaliers reçoivent en principe des indemnités dans leur pays de résidence, selon les règles qui y sont en vigueur.

Et les impôts ?

Ce n'est pas l'objet de ce guide, mais c'est souvent la question suivante. Depuis le 1er janvier 2024, un nouvel accord entre l'Italie et la Suisse règle l'imposition des frontaliers. Selon l'administration fiscale tessinoise, les « anciens frontaliers », qui travaillaient déjà au Tessin, aux Grisons ou en Valais entre le 31 décembre 2018 et le 17 juillet 2023, restent imposés uniquement en Suisse jusqu'à la fin de leur activité. Les nouveaux frontaliers sont imposés en Suisse, à 80 % de l'impôt à la source ordinaire, puis en Italie, qui tient compte de l'impôt suisse. Est frontalier au sens de l'accord celui qui habite une commune située dans un rayon de 20 kilomètres de la frontière et y rentre en principe chaque jour.

Un protocole entré en vigueur le 9 février 2026, applicable depuis 2024, permet en outre de travailler à domicile jusqu'à 25 % du temps de travail sans perdre le statut de frontalier.

Avant la fin du troisième mois

Tout se joue sur le calendrier. Réunissez tôt ce qui fait la différence dans votre cas : le nombre de personnes à assurer et où elles travaillent, le lieu où vous vous faites soigner aujourd'hui, la prime LAMal pour un domicile en Italie, et ce que votre région prévoit pour la contribution sanitaire. Puis déposez la demande auprès de l'IAS, par écrit, avant l'échéance.

Sources et références

Ces informations sont générales et à but pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil juridique, ni un conseil en assurance individuel. Les prestations réelles dépendent de votre contrat, de votre situation personnelle et des conditions en vigueur : vérifiez vos conditions contractuelles, ou adressez-vous à l'organisme compétent ou à un conseiller. Comment nous rédigeons nos contenus

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