Chaque automne, une lettre annonce la prime de l'année suivante, et elle est presque toujours plus élevée. Cette hausse n'est pas une décision commerciale isolée : elle résulte d'un mécanisme fixé par la loi, où les coûts de la santé de chaque canton déterminent ce que les assurés de ce canton paient.
Qui fixe la prime
C'est l'assureur qui fixe le montant des primes de ses assurés. Sauf exception prévue par la loi, il prélève des primes égales auprès d'eux : la prime ne dépend ni de l'état de santé ni du revenu. Elle peut en revanche être échelonnée selon les régions, et la loi prévoit des primes plus basses pour les enfants et les jeunes adultes.
La loi précise ces différences. L'assureur doit échelonner ses primes selon les différences de coûts entre cantons, le lieu de résidence de l'assuré étant déterminant ; il peut en outre les échelonner selon les régions, dans des limites fixées par le Département fédéral de l'intérieur. Pour les enfants et les jeunes adultes, il fixe une prime plus basse, et celle des enfants doit être inférieure à celle des jeunes adultes.
La prime varie aussi selon la franchise et le modèle choisis. C'est pourquoi deux voisins assurés chez le même assureur peuvent payer des montants différents, sans que l'un soit plus malade que l'autre.
Qui l'approuve
Les tarifs de primes de l'assurance de base sont soumis à l'approbation de l'autorité de surveillance, et ne peuvent être ni rendus publics ni appliqués avant cette approbation. L'autorité vérifie que les tarifs garantissent la solvabilité de l'assureur et les intérêts des assurés.
La loi fixe les motifs de refus. L'autorité n'approuve pas les tarifs lorsque les primes ne respectent pas les prescriptions légales, ne couvrent pas les coûts du canton, dépassent ces coûts de manière inappropriée, ou entraînent des réserves excessives. Une prime ne peut donc être ni trop basse pour attirer des clients, ni gonflée au-delà de ce que justifient les coûts.
Pourquoi elle suit les coûts de la santé
Les primes de l'assureur doivent couvrir les coûts spécifiques de chaque canton, et c'est le lieu de résidence de l'assuré qui est déterminant. L'Office fédéral de la santé publique le résume : l'augmentation des primes est une conséquence directe de la hausse constante des coûts de la santé, car dans chaque canton, les primes doivent couvrir les coûts prévus pour chaque personne assurée.
Ces coûts sont ceux de toutes les prestations de l'assurance de base : consultations, médicaments, hôpital, soins à domicile, analyses. Quand ils augmentent dans un canton, les primes de ce canton suivent, quel que soit l'assureur. C'est aussi pourquoi changer d'assureur ne protège pas d'une hausse générale : elle touche tous les assureurs du canton, même si l'écart entre eux demeure et peut justifier un changement.
Les réserves des assureurs jouent un rôle de tampon. Elles doivent garantir la solvabilité de l'assureur, mais la loi interdit à l'autorité d'approuver des primes qui entraîneraient des réserves excessives.
Les derniers chiffres publiés
Le 23 septembre 2025, l'Office fédéral de la santé publique a annoncé qu'en 2026, la prime mensuelle moyenne s'élèverait à 393,30 francs, soit une augmentation de 16,60 francs, ou 4,4 %, par rapport à 2025. Celle des adultes augmentait de 18,50 francs, à 465,30 francs.
Selon le même communiqué, la prime moyenne des jeunes adultes passait à 326,30 francs, en hausse de 4,2 %, et celle des enfants à 122,50 francs, en hausse de 4,9 %. Une moyenne cache toutefois de grands écarts : la prime effective dépend du canton, de la région, de l'âge, de la franchise, du modèle et de l'assureur, et comparer sur sa propre situation dit plus que la moyenne nationale. Pour les assurés qui résident dans l'Union européenne, en Islande, en Norvège ou au Royaume-Uni, la loi prévoit une règle distincte : leurs primes sont calculées en fonction de l'État de résidence.
Ce qu'un ménage peut faire
- Comparer les primes pour son canton, son âge, sa franchise et son modèle, et changer d'assureur dans les délais : les prestations de l'assurance de base sont les mêmes partout.
- Examiner sa franchise et son modèle : ce sont les deux seuls réglages de l'assurance de base, avec leurs règles pour les modifier.
- Vérifier le droit à une réduction individuelle des primes auprès de son canton, surtout après un changement de revenu ou de famille.
- Ne pas résilier une assurance complémentaire dans le même mouvement sans avoir obtenu par écrit une nouvelle couverture.
La hausse annoncée donne aussi un droit : lorsque la prime change, l'assuré peut changer d'assureur pour la fin du mois précédant l'entrée en vigueur de la nouvelle prime, avec un préavis d'un mois. Les délais exacts sont détaillés dans notre guide sur le changement d'assureur.